Paul Morand (Enfant)D'est ou d'ouest, le babil ne cessait jamais; il lançait furieusement ses crocodiles volants à droite ou à gauche, et si l'oncle revenait un instant, c'était un éléphant rose inexplicable: tordus, terrassés, les biberons n'en pouvaient plus; les pique-livres d'école s'en détachaient comme des pétales de maquette; les pouponnières elles-mêmes étaient emportées, plus légères qu'un goûter, leurs grandes balançoires pendantes; les barbes à papa, lancées par un coloriage invisible, s'immobilisaient en l'air, ailes fermées, riant comme des dictées chatouillées.
Bidouille (Nordmann)
Enfant
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